

Le Logis de La Chevillonnière
St-
Photos : © Christian Frappier


Cette vieille demeure domine la vallée du petit Lay. On y parvient par la route conduisant
de St-
C’est certainement la maison la plus ancienne de Saint-
blason de la
On y remarque une porte au linteau sculpté en anse de panier, surmonté d’un arc roman.
A l’intérieur de la maison, un escalier de pierre en colimaçon sépare les deux pièces
composant chaque niveau. Le trumeau d’une cheminée monumentale est orné d’un grand
arc ogival. Le sol du premier étage est constitué de petits carreaux rouges où l’on
devine encore quelques motifs. Sept carreaux provenant de cet endroit sont actuellement
conservés au château de l’Auneau. Quatre sont décorés de dessins géométriques en
forme de rosaces. Deux autres portent des armoiries : un écu avec trois fleurs de
lys à l’envers et un blason avec une fleur de lys et une hermine. Le dernier, au
dessin naïf, représente un cerf. Ce carreau est presque identique à certains éléments
de l’ancien pavage de l’abbaye de la Grainetière près des Herbiers. On peut donc
penser que
le carrelage de la Chevillonnière pourrait avoir été fabriqué de la même
manière, par les moines du prieuré de Grammont à St-
A l’origine, la Chevillonnière comprenait aussi les fiefs du Plessis et des Groizardières.
Elle appartenait en 1391 à la famille MERVAULT. Monsalin, alias Joachim MERVAULT,
seigneur de La Chevillonnière la laissa, avec le Plessis, vers 1447, peut-
Mariage ou pas, Jacques de FONTBRENIER et Jeanne CHAUDRIER ont bien eu une fille : Claude de FONTBRENIER, qui épousa le 27 février 1523, Pierre des HOMMES, écuyer, seigneur du Lys. Leur contrat de mariage du 8 février 1523 nomme clairement les parents de l’épouse.
Par cette union, La Chevillonnière passa à la famille des HOMMES. Louis des HOMMES,
écuyer, sgr de la Rivière, fils de Pierre des HOMMES et de Jeanne CHAUDRIER, reçut
la Chevillonnière après son frère Blanc, décédé sans postérité de Charlotte TRAVERS,
fille du seigneur des Chaffauds. Il épousa par contrat du 31 janvier 1559, Claude
de PONTHOISE, fille de Gabriel de PONTHOISE, sieur de la Romanerie, médecin ordinaire
du Roi et de la Reine, et de Louise de STE-
En 1673, Aimée des HOMMES, épouse de René BROUARD, seigneur de la Salière, est en
procès contre les créanciers de son père Louis et de son frère Samuel, tous deux,
en leur vivant, seigneurs de la Chevillonnière. Ce procès dut se terminer par une
saisie avec adjudication car l’année suivante, le logis est la propriété de Louis
de LAURE, abbé de Chabert, prêtre et protonotaire apostolique, habitant le château
de St-
Après Louis de LAURE, et sans doute par héritage, la Chevillonnière est en 1715 entre
les mains de Alexis Henri PETIT, chevalier, marquis de La Guierche, seigneur de St-
Le marquis de LA GUIERCHE vend la Chevillonnière le 13 août 1719 à Charles d’ABILLON, seigneur de Porneuf, de Luçon, pour le prix de 19.000 livres payés comptant. La vente concerne la maison noble, et tout ce qui en dépend, à savoir les métairies, moulins, droit de justice, présentation de chapelle...
Chose curieuse, cette vente va provoquer des réactions inattendues de la part de
proches parents du vendeur. Dès 1720, Dame Catherine Charlotte d’AUBIGNÉ, demeurant
au château de Tigny en Anjou, présente une demande de retrait lignager. Elle est
la cousine germaine du marquis de LA GUIERCHE et se considère comme son plus proche
parent. Quelques mois plus tard, son frère François d’AUBIGNÉ, comte de TIGNY, et
sa sœur, Marie Elisabeth, font aussi une demande. La famille d’ABILLON n’est pas
d’accord. François et Marie Elisabeth d’AUBIGNÉ n’insistent pas, mais ce n’est pas
le cas de Catherine Charlotte qui finit par se faire attribuer la Chevillonnière
qu’elle conserve jusqu’à sa mort en 1767. Elle habitait Paris et se faisait représenter
pour rendre hommage à St-
Catherine Charlotte d’AUBIGNÉ lègue la Chevillonnière à son cousin Esprit BAUDRY
d’ASSON, fils de Marie Esprit BAUDRY, chevalier, seigneur d’Asson, et de Marie Gabrielle
Brigitte PETIT de LA GUIERCHE, fille unique de Alexis Henri PETIT, marquis de LA
GUIERCHE, et de sa seconde épouse, Renée Julie LE LIÈVRE de VERNELLE. Celui-
Aux termes d’un acte reçu les 22 et 28 août 1925 par Maître Delagrange, notaire à
La Roche-
Sources texte : “Le Canton de Chantonnay”, de Maurice Bedon, Ed. Sutton, “De Château
en Logis”, de Guy de Raigniac, Ed. de Bonnefonds, le Dictionnaire du Poitou de Beauchet-
Le Logis de La Chevillonnière a été construit au XVe siècle sur les bases d’une autre
construction dont on a retrouvé une partie du dallage à un niveau inférieur de 50cm
du niveau actuel.
Il se composait d’un logis principal avec une tour-
Ce logis a vu sa partie droite s’effondrer à la suite d’un sinistre. Il a alors été
reconstruit sommairement autour du mur de façade restant qui fut alors flanqué de
deux appentis. La toiture est peut-
L’escalier a été remonté en bois.
Nouveau sinistre, probablement un incendie, en raison des traces de suie à l’étage
et dans la salle du four. Effondrement des appentis Est. Le bâtiment Nord est peut-
Cette configuration est conforme au cadastre de 1828.
Puis disparition de l’aile Nord, rajout du petit appentis à gauche du logis, avant
le délabrement de l’ensemble.
Arrivée de la Famille FRAPPIER qui construit le four à pain et l’arrière cuisine, le pignon sud, le mur de séparation, le nouveau plancher de la moitié Sud de la salle haute avec ses nouvelles ouvertures.
Aménagement de l’escalier et percement de la porte droite de la façade Est.
Le logis est vendu en 2004 à la Famille De RAIGNIAC qui souhaite le restaurer. Il
s’agit de retrouver l’allure d’origine, mais il n’est pas possible de reconstruire
le logis initial avec sa tour d’escalier sans démolir la partie droite rajoutée contre
la cage d’escalier.
La reconstruction d’une aile au Nord est également laissée aux générations futures.
Le parti a donc été pris de conserver l’aménagement sommaire effectué après le premier
sinistre tel qu’il est décrit ci-
Toiture remontée comme sur le logis originel, avec une couverture en tuile en écaille, pour redonner à l’ensemble un petit air déjà plus XVe siècle.
Il a été aussi décidé de conserver les deux grandes salles dans leur intégralité pour conserver leur cachet d’origine. Cela limite le nombre des chambres et de salles de bains, ce qui peut se compenser par l’aménagement de la petite maison située à gauche du porche.
















Les aménagements intérieurs
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