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La Chevillonnière au début du 20e siècle, avant l'arrivée de la Famille Frappier

Le Logis de La Chevillonnière

St-Hilaire-le-Vouhis

Photos : © Christian Frappier

La Chevillonnière au début du 20e siècle, avant l’arrivée de la Famille Frappier
Le logis juste avant sa restauration

Histoire du Logis

 

 

Cette vieille demeure domine la vallée du petit Lay. On y parvient par la route conduisant de St-Hilaire-le-Vouhis à Ste-Cécile. Le chemin arrive ainsi directement dans la cour sur le côté droit de la maison, alors qu’autrefois, on entrait par le grand porche voûté situé en face de la demeure, près des communs.

C’est certainement la maison la plus ancienne de Saint-Hilaire-le-Vouhis. Les éléments d’architecture de ce logis sont parmi les plus beaux que l’on puisse voir dans le canton. On peut les dater approximativement de la fin du XVe siècle. La façade est en effet décorée de deux élégantes fenêtres à meneaux simples. Ces dernières sont toutes deux soulignées d’une cannelure formant accolade sur le linteau. Celui de droite porte en outre le blason de la famille de FONTBRENIER : “d’argent à trois fleurs de lys d’azur au pal de gueules brochant sur celle de la pointe”. Au centre de ce bâtiment, et à mi-hauteur, une autre ouverture identique est actuellement murée. Les fenêtres du rez-de-chaussée montrant encore les trous des anciens barreaux, ont été transformées en portes. Une autre construction parallèle est accolée à cette aile principale.

On y remarque une porte au linteau sculpté en anse de panier, surmonté d’un arc roman.

A l’intérieur de la maison, un escalier de pierre en colimaçon sépare les deux pièces composant chaque niveau. Le trumeau d’une cheminée monumentale est orné d’un grand arc ogival. Le sol du premier étage est constitué de petits carreaux rouges où l’on devine encore quelques motifs. Sept carreaux provenant de cet endroit sont actuellement conservés au château de l’Auneau. Quatre sont décorés de dessins géométriques en forme de rosaces. Deux autres portent des armoiries : un écu avec trois fleurs de lys à l’envers et un blason avec une fleur de lys et une hermine. Le dernier, au dessin naïf, représente un cerf. Ce carreau est presque identique à certains éléments de l’ancien pavage de l’abbaye de la Grainetière près des Herbiers. On peut donc penser que le carrelage de la Chevillonnière pourrait avoir été fabriqué de la même manière, par les moines du prieuré de Grammont à St-Prouant.

A l’origine, la Chevillonnière comprenait aussi les fiefs du Plessis et des Groizardières. Elle appartenait en 1391 à la famille MERVAULT. Monsalin, alias Joachim MERVAULT, seigneur de La Chevillonnière la laissa, avec le Plessis, vers 1447, peut-être même par mariage, aux FONTBRENIER, famille noble du pays Thouarsais. Colas de FONTBRENIER, écuyer, seigneur de la Rivière et de la Soulièvre, servit comme homme d’armes du seigneur de la Grève, au ban des nobles du Poitou en 1467. Il figurait également à celui de 1491, en la même qualité, accompagné de deux archers. Il rendit aveu pour ses biens situés dans le Haut Poitou à son suzerain, le vicomte de Thouars, le 7 juillet 1494. C’est sans doute son fils, Jacques de FONTBRENIER, écuyer, seigneur de la Chevillonnière qui fit construire le logis actuel à l’extrême fin du XVe siècle. Ce qui expliquerait que ses armoiries figurent sur la pierre de la façade. Il était venu se cacher à cet endroit pour échapper aux recherches de la justice du Roy. En effet, il avait enlevé Jeanne CHAUDRIER de CIRIÈRES pour obliger les parents de celle-ci à consentir au mariage. L’affaire fit grand bruit et les CHAUDRIER obtinrent du Roi Louis XII, les 17 mars 1498 et 26 juillet 1499, des lettres ordonnant la prise de corps du ravisseur. On ne sait trop comment l’affaire s’arrangea. Beauchet-Filleau indique qu’il y eut mariage et la naissance d’une fille. Mais selon d’autres sources, Jeanne CHAUDRIER épousa vers 1500 un certain Guyot des ROCHES, seigneur de la Balme, avant d’épouser en secondes noces, Louis de RONSARD, seigneur de la Possonnière, maître d’hôtel du Dauphin, dont elle eut deux fils, Claude et Pierre de RONSARD, le grand poète de la Renaissance, né en 1524.

Mariage ou pas, Jacques de FONTBRENIER et Jeanne CHAUDRIER ont bien eu une fille : Claude de FONTBRENIER, qui épousa le 27 février 1523, Pierre des HOMMES, écuyer, seigneur du Lys. Leur contrat de mariage du 8 février 1523 nomme clairement les parents de l’épouse.

Par cette union, La Chevillonnière passa à la famille des HOMMES. Louis des HOMMES, écuyer, sgr de la Rivière, fils de Pierre des HOMMES et de Jeanne CHAUDRIER, reçut la Chevillonnière après son frère Blanc, décédé sans postérité de Charlotte TRAVERS, fille du seigneur des Chaffauds. Il épousa par contrat du 31 janvier 1559, Claude de PONTHOISE, fille de Gabriel de PONTHOISE, sieur de la Romanerie, médecin ordinaire du Roi et de la Reine, et de Louise de STE-MARTHE. Puis leur fils, Samuel des HOMMES, écuyer, sgr de Migné, qui épousa par contrat du 13 octobre 1598, Marie de GRENOUILLON, fille de Jean de GRENOUILLON, sieur de Fourneux. Et au fils de ces derniers, Louis des HOMMES, chevalier, seigneur de La Chevillonnière, marié d’abord le 30 décembre 1619 à Suzanne de BÉJARRY, fille de Samuel de BÉJARRY, écuyer, sgr de la Louerie, et de Suzanne du BREUIL et dont il eut deux enfants, Aimée, épouse du seigneur de la Salière, et Samuel, seigneur de la Chevillonnière dont il rend aveu en 1649 ; puis par contrat du 22 janvier 1637 à Jeanne AUDAYER, veuve de Charles PREVOST, sieur de La Mouhée, et fille de André AUDAYER, sieur de La Maisonneuve, et de Suzanne CHAUVINIÈRE.

En 1673, Aimée des HOMMES, épouse de René BROUARD, seigneur de la Salière, est en procès contre les créanciers de son père Louis et de son frère Samuel, tous deux, en leur vivant, seigneurs de la Chevillonnière. Ce procès dut se terminer par une saisie avec adjudication car l’année suivante, le logis est la propriété de Louis de LAURE, abbé de Chabert, prêtre et protonotaire apostolique, habitant le château de St-Mesmin, propriété de Gilbert PETIT, seigneur de La Guierche. La Chevillonnière est alors occupée par le fermier de la seigneurie, Jean VEXIAU, sieur de la Métairie

Après Louis de LAURE, et sans doute par héritage, la Chevillonnière est en 1715 entre les mains de Alexis Henri PETIT, chevalier, marquis de La Guierche, seigneur de St-Mesmin et de la Chevillonnière. Il épousa d’abord le 28 septembre 1711, Anne Louise CHASTEIGNER, fille de Louis CHASTEIGNER, chevalier, sgr de St-Georges, et de Anne de MESSEMÉ, puis le 16 décembre 1720, Renée Julie LE LIÈVRE, fille de Charles LE LIÈVRE, chevalier, seigneur de Vernelle, et de Renée d’ESCOUBLEAU du SOURDIS.

Le marquis de LA GUIERCHE vend la Chevillonnière le 13 août 1719 à Charles d’ABILLON, seigneur de Porneuf, de Luçon, pour le prix de 19.000 livres payés comptant. La vente concerne la maison noble, et tout ce qui en dépend, à savoir les métairies, moulins, droit de justice, présentation de chapelle...

Chose curieuse, cette vente va provoquer des réactions inattendues de la part de proches parents du vendeur. Dès 1720, Dame Catherine Charlotte d’AUBIGNÉ, demeurant au château de Tigny en Anjou, présente une demande de retrait lignager. Elle est la cousine germaine du marquis de LA GUIERCHE et se considère comme son plus proche parent. Quelques mois plus tard, son frère François d’AUBIGNÉ, comte de TIGNY, et sa sœur, Marie Elisabeth, font aussi une demande. La famille d’ABILLON n’est pas d’accord. François et Marie Elisabeth d’AUBIGNÉ n’insistent pas, mais ce n’est pas le cas de Catherine Charlotte qui finit par se faire attribuer la Chevillonnière qu’elle conserve jusqu’à sa mort en 1767. Elle habitait Paris et se faisait représenter pour rendre hommage à St-Hilaire-le-Vouhis en 1758 et 1759 par Ambroise LE TOURNEUR, prêtre, curé de Sainte-Cécile.

Catherine Charlotte d’AUBIGNÉ lègue la Chevillonnière à son cousin Esprit BAUDRY d’ASSON, fils de Marie Esprit BAUDRY, chevalier, seigneur d’Asson, et de Marie Gabrielle Brigitte PETIT de LA GUIERCHE, fille unique de Alexis Henri PETIT, marquis de LA GUIERCHE, et de sa seconde épouse, Renée Julie LE LIÈVRE de VERNELLE. Celui-ci vend la Chevillonnière en 1779 à Paul BOUQUET, seigneur de La Chadelière, fils de Paul BOUQUET, sénéchal de Sigournais, et de Charlotte de LA DOUESPE. Il épousa sa cousine, Catherine Marguerite MAJOU, décédée à Ste-Hermine le 27 mai 1805, fille de François MAJOU, sieur de Lousigny, et de Marie Anne BOUQUET. L’une de leurs filles, Rose Marguerite BOUQUET reçut la Chevillonnière. Elle épousa Charles François Henry FLEURY, fils aîné de Charles FLEURY de LA CAILLÈRE et de Louise Charlotte GAULY. Par ce mariage, la nouvelle propriétaire du logis pouvait se nommer du joli nom de “Rose Marguerite BOUQUET-FLEURY”. Elle est décédée en 1808 et son mari se remaria à Marie Sophie MAJOU des GROIS, fille de Jean Joseph Daniel MAJOU des GROIS et de Marie Modeste MARCHEGAY. Elle était veuve du colonel Charles Benjamin BOUQUET. Charles FLEURY fut de nouveau veuf, âgé de 80 ans, et ayant perdu tous ses enfants, il légua la Chevillonnière en 1844 à son beau-frère, Pierre Alexandre BOUTET, capitaine au long cours de la Compagnie des Indes, qui avait épousé Marie Anne BOUQUET, soeur de sa première épouse. Ils eurent trois enfants, dont Amélie BOUTET, qui épousa Félix CHATELAIN, docteur en médecine. La Chevillonnière passa ensuite à leur fils, Ernest CHATELAIN, marié à Amélie COCHEREAU, puis au fils de ces derniers, Louis CHATELAIN.

Aux termes d’un acte reçu les 22 et 28 août 1925 par Maître Delagrange, notaire à La Roche-sur-Yon, il y eut un échange d’immeubles en proportion égale, entre Louis Gaston CHATELAIN et son épouse, Madame Hélène Jeanne Célie ARNAULDET, d’une part, et Mars FRAPPIER et son épouse, Adeline FRAPPIER, d’autre part (Voir Branche de La Chevillonnière et Branche des Forges). Après le décès en avril 2003 de André FRAPPIER, dernier enfant de Mars et Adeline FRAPPIER, les héritiers ont vendu La Chevillonnière en août 2004 à M. Jean de RAIGNIAC..

 

Sources texte : “Le Canton de Chantonnay”, de Maurice Bedon, Ed. Sutton, “De Château en Logis”, de Guy de Raigniac, Ed. de Bonnefonds, le Dictionnaire du Poitou de Beauchet-Filleau, et “Le Patrimoine des Communes de Vendée”, Ed. Flohic.

 

 

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Le logis au fil du temps

 

 

Le Logis de La Chevillonnière a été construit au XVe siècle sur les bases d’une autre construction dont on a retrouvé une partie du dallage à un niveau inférieur de 50cm du niveau actuel.

Il se composait d’un logis principal avec une tour-escalier. Peut-être comportait-il une aile au Nord, et une galerie extérieure joignant l’escalier et l’aile nord en desservant la porte haute de la façade est.

 

Ce logis a vu sa partie droite s’effondrer à la suite d’un sinistre. Il a alors été reconstruit sommairement autour du mur de façade restant qui fut alors flanqué de deux appentis. La toiture est peut-être déjà abaissée.

L’escalier a été remonté en bois.

 

 

Nouveau sinistre, probablement un incendie, en raison des traces de suie à l’étage et dans la salle du four. Effondrement des appentis Est. Le bâtiment Nord est peut-être depuis longtemps déjà abaissé aussi.

Cette configuration est conforme au cadastre de 1828.

 

 

Puis disparition de l’aile Nord, rajout du petit appentis à gauche du logis, avant le délabrement de l’ensemble.

Arrivée de la Famille FRAPPIER qui construit le four à pain et l’arrière cuisine, le pignon sud, le mur de séparation, le nouveau plancher de la moitié Sud de la salle haute avec ses nouvelles ouvertures.

Aménagement de l’escalier et percement de la porte droite de la façade Est.

 

Le logis est vendu en 2004 à la Famille De RAIGNIAC qui souhaite le restaurer. Il s’agit de retrouver l’allure d’origine, mais il n’est pas possible de reconstruire le logis initial avec sa tour d’escalier sans démolir la partie droite rajoutée contre la cage d’escalier.

La reconstruction d’une aile au Nord est également laissée aux générations futures.

Le parti a donc été pris de conserver l’aménagement sommaire effectué après le premier sinistre tel qu’il est décrit ci-dessus, en donnant à la reconstruction de l’appentis Est une structure bois à la fois moderne pour ne pas faire de pastiche, et d’inspiration médiévale qui s’inscrit bien dans le dessin de l’ensemble.

Toiture remontée comme sur le logis originel, avec une couverture en tuile en écaille, pour redonner à l’ensemble un petit air déjà plus XVe siècle.

Il a été aussi décidé de conserver les deux grandes salles dans leur intégralité pour conserver leur cachet d’origine. Cela limite le nombre des chambres et de salles de bains, ce qui peut se compenser par l’aménagement de la petite maison située à gauche du porche.

 

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Avant - Après

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Les aménagements intérieurs

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